Le mouvement

Je pourrais imaginer ce qui s’est passé dans ta tête depuis que tu as refermé la porte. Je ne le ferai pas.
Les semaines ont passé, le silence est revenu, et j’ai reconnu ce mouvement que je connais par cœur.

Refuser d’abord.
Quelques jours à ne pas voir ce qui était déjà là.
En vouloir, ensuite. À moi, pour les excuses que je t’inventais et que tu ne m’as jamais faites. Marchander avec moi-même. Ce serait mieux sans toi, je le sais. Et pourtant. Je passais d’une certitude à l’autre selon les heures.
Puis quelque chose de plus calme, de plus lourd. Pas spectaculaire. Le constat d’un gâchis, la pensée que je ne vivrai plus ces moments rares mais réels, que je ne te partagerai plus ce qui fait ma vie, ni cette attirance étrange qui persistait malgré tout.

Je ne suis pas de nature triste. Cela a duré ce que cela a duré.
Et puis un matin, plus rien. J’y suis.

Ce que je viens de traverser, je l’ai reconnu après coup. Ce sont les étapes du deuil. Celles qu’on traverse quand on perd quelqu’un.

Pas une relation. Pas une habitude.

Quelqu’un.

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