Villa Borghese

Je suis partie voir les places, les églises, la lumière du soir sur les façades. Je suis partie revoir la Villa Borghese. Pleurer sur une tombe invisible.

C’est là que tout a commencé. La fin d’une partie de ma vie, qui n’a jamais voulu laisser place à la suivante.

Je me souviens du lieu exact. Du banc. De ta main dans la mienne, à la minute où j’ai décroché. Mon monde s’est mis à tomber. Ce jour-là, le premier mur, en un coup de fil. Les autres sont tombés un peu plus tard, quand tu as lâché ma main.

Dix ans. Je n’ai ni toi, ni elle. Tu vis encore. Je la vois parfois dans mon reflet.

Je n’avais jamais eu le courage de revenir. Pour rompre le sort, j’ai demandé un jour à l’homme que j’essayais d’aimer autant que toi, de se prendre en photo au même endroit. Associer un autre visage à ce lieu. Voir ces pierres autrement, peut-être.

Aujourd’hui, il est temps. Aller voir ce qu’il en reste.

Ton visage a disparu, son souvenir avec lui, tu ne m’as pas manqué si longtemps. C’est ce coup de fil qui résonne encore. Sa voix d’avant la fin.

Elle est morte, Villa Borghese, pour moi. Alors je vais lui rendre hommage. Parler aux pierres comme on parle au ciel, de l’amour à venir, celui qui ne me lâchera plus la main.

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