La porte ouverte

Ma porte t’est ouverte. Pas à défaut d’autre chose, pas faute de mieux. C’est ce que je peux t’offrir aujourd’hui, et je te l’offre entier.

J’ai cru perdre un ami, j’ai retrouvé un homme un peu perdu. Il m’a semblé voir s’éteindre une lumière dans tes yeux. Celle qui m’a tant de fois donné envie de vivre plus fort, de te suivre même quand c’était perdu d’avance.

Tu as pris un chemin difficile, sur lequel je ne peux pas t’accompagner. Mais je peux être un répit. Pour parler. Ou pour te taire, sous un regard qui ne te demandera pas de t’expliquer. Je ne peux rien résoudre. Je peux écouter.
On a parfois besoin de ce quelqu’un qui vous connaît trop bien et qui vous aime quand même.

Je voudrais t’offrir une parenthèse, de celles qui aident à repartir. Tu m’en as donné assez pour qu’il soit juste, aujourd’hui, de te rendre un peu de ce temps où rien n’est attendu de toi.
Il y a quatre murs pour y poser tes valises, quelques arbres pour t’abriter du reste. Seul si tu as besoin de silence après l’orage. En ma compagnie si je peux alléger ce qui te pèse. Je te partagerai ce que j’aime ici, ce qui m’a guérie de tout, même de toi quand il l’a fallu.

Il pourrait y avoir de la musique pour se souvenir, du bon vin pour oublier, de la douceur pour apaiser, de l’espace pour respirer avant de repartir.
Nous savons ce qui nous a séparés et ce qui demeure. Ce qui te faisait dire que tu serais toujours là pour moi. Je sais que tu l’aurais voulu. Je vais tenir cette promesse pour toi.

La maison est toujours au bout du chemin. Et ma porte ouverte.

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