Je te lis
Je ne te répondrai pas. Pas maintenant. Peut-être jamais, je ne sais pas encore.
Je te lis, c’est tout ce que je peux faire. Relire encore tes mots d’avant qui parlaient de nous, et ceux d’aujourd’hui où je me cherche sans toujours me trouver.
J’ai quelques photos. Tu as dû changer. Tu vis encore un peu dans ma vie quand l’un de tes messages arrive, ceux qui ne demandent rien, juste de mes nouvelles. Même à ceux-là, je ne réponds pas. Cela troublerait tout, ce fragile équilibre, et le temps passé à t’oublier.
Si je me tais, c’est que je n’ai rien à te donner, ou pas assez. Ce n’est pas du désintérêt, tout ce que tu es m’importe, aujourd’hui comme hier. Je n’ai pas de place pour toi à la hauteur de celle que tu mérites. Pour remplir mon vide, j’ai choisi une autre vie.
Je construis mon chemin, et avec toi sur ma route, j’ai peur de m’égarer. Tu as tracé le tien, je crois le deviner, je sais que tu ne m’attends pas.
Je ne peux pas prendre un café avec toi. Une heure pour te voir et je replongerai. Tu restes l’image des démons que je fuis, non pas toi, mais ce que j’ai pu te faire. Tu m’as pardonnée depuis longtemps. Je ne me pardonne pas d’avoir été cette femme-là.
J’ai trop souvent encore l’envie de te parler pour être à l’abri.
Tu comptes, même si je ne te le dis pas. Je te veux heureux, même si c’est sans moi.