L’homme des premières fois

Je repense à cette femme qui n’avait jamais cru au coup de foudre, qui se méfiait des emportements. Elle avait rangé ses rêves de perfection dans un coin discret de sa vie, en les prenant pour des exigences un peu naïves. Et puis il y a eu toi.

Elle est tombée amoureuse de ta folie, de ta confiance en ce que vous étiez, des étoiles dans tes yeux. Avec toi elle pouvait rêver les yeux ouverts.
Ton souffle a été un vent porteur. Un élan qui ouvrait la vie. Sur chaque doute tu as posé un baiser. Dans chaque silence tu as posé une certitude.

Tu es devenu l’homme des premières fois. La première fois qu’elle pouvait ressentir sans se retenir. La première fois où l’avenir ne lui a plus fait peur. La première fois qu’elle s’est sentie entière.

Elle n’a eu peur de te perdre que dans ses nuits. Le rêve était en journée, le cauchemar dans l’ombre. Tout semblait inversé.

Alors elle n’a rien refusé, elle a tout pris comme une évidence enfin reconnue. Tu étais l’homme qu’elle attendait.
Elle a aimé te regarder. Cette fierté étrange de te voir si beau, si fort, si libre de tout vivre et tout dire.

Tu as mis du sens dans chaque geste, de l’intention dans chaque regard. Tu as rempli les heures comme d’autres remplissent une vie.

C’est ce souvenir qu’elle emporte.

Elle laisse s’éloigner l’amertume des promesses non tenues. Il ne restera qu’une seule de tes phrases : Il n’existe pas d’appareil de mesure assez grand pour le temps qu’elle aurait voulu vivre avec toi.

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