Merci

Merci pour ce que nous avons été.

Merci pour ton regard. Chargé d’admiration, de connivence. Tu m’as vue plus douce que je ne me crois et je t’ai vu sûrement plus beau que tu n’es. Tu répondais à ce que je n’osais pas demander, tu m’as autorisé à tout vivre avec toi.
Merci pour le vertige. Merci d’avoir rappelé à mon corps qu’il peut vibrer sous un seul regard, quand c’est celui de quelqu’un qui voit vraiment.

Merci pour les soirées à te regarder faire, les mains occupées et l’esprit libre, avec cette légèreté de celui qui crée sans calculer. Merci pour tes murmures au cinéma, pour les mots qui n’étaient qu’à moi dans le noir. Merci de m’avoir guidée dans les rues de ta ville, rendue plus belle par la façon dont tu la regardes. Merci d’avoir choisi la même banquette dès le premier dîner pour que nos mains se trouvent avant que nos regards ne se croisent.

Merci pour ces heures après, quand nous avions cessé de nous toucher pour simplement nous regarder. Quand ton visage était tout le détail qu’il me fallait.
Merci pour la musique qui parlait de nous avant que nous sachions qui nous étions. Merci pour les promesses, même celles que tu ne pouvais pas tenir, et pour y avoir cru avec moi comme si elles suffisaient.

Merci pour ta présence constante et légère, pour ta main sur laquelle m’appuyer. Merci pour ce corps enfin réciproque, pour la vérité sans détour, sans armure.
Merci pour tes messages, pour tes appels, qui n’ont laissé qu’une seule trace : amplifier le silence d’aujourd’hui.

Maintenant je sais à quoi le bonheur ressemble. Je sais qu’il a existé, qu’il a eu ton visage, et cela me suffit.

Publications similaires

  • Newsletter du printemps

    Chère lectrice, cher lecteur, Mai arrive doucement, comme toujours. Les jours s’allongent. On sort plus tôt, on rentre plus tard. Il y a quelque chose dans l’air de mai qui ressemble à une promesse sans destinataire précis. Ce mois-ci, j’ai beaucoup écrit sur les retours.Pas les grandes retrouvailles, non. Les petits retours involontaires : une…

  • La blessure

    Au fond, c’est toujours la même blessure qui menace de se réveiller. Un écho ancien dont on croit être sortie, jusqu’à ce qu’un détail, un geste, un mot ramène ce que le temps n’a pas totalement effacé. La trahison a cette façon de se répéter à l’infini. Je revois encore ce matin-là, la pluie battant…

  • Ces mots-là

    Tu les lis, je crois. Ou alors j’aime penser que tu les lis. Ces mots d’avant. Le matin peut-être, avant que la journée prenne toute la place. Ou le soir, ton téléphone posé sur la table de nuit, repris une fois, encore une fois. Dans quel silence tu te retrouves, à cette heure-là. Si quelqu’un…

Laisser un commentaire