N’aie pas peur. Nous n’avons vécu qu’une illusion, et vous vivez la réalité. Je ne raconte qu’un rêve pendant que tu respires son air.
Nous avons confondu l’intensité avec la profondeur. Je ne saurai jamais si je l’aimais ou seulement ce qu’il me faisait vivre.
Cette émotion qui passait, n’était pas un désir de rester. Une attirance sans projet, sans cette envie tranquille de construire quelque chose qui dure. Une intensité brève, lumineuse, faite pour être ressentie et non habitée.
Nous aimions ce que cela faisait naître en nous. Vous, vous vivez ce que cela demande au quotidien. Une vie dense, imparfaite forcément, profondément vraie.
Je sais comment il est un souffle et un soleil, comment il t’emmène loin juste en te prenant la main. C’est une chance. Ne la gâche pas en imaginant le pire. Cela voudrait dire que tu ne la mérites pas.
Il ne me reste que des images de lui, une chanson, une lumière qui revient parfois sans prévenir. Ne jalouse pas mes souvenirs. Ce sont eux seuls que je chéris aujourd’hui. Ils rendent l’hiver moins froid. Mais c’est toi qui réchauffes son corps.
Je me devais de vivre chaque moment de sa présence comme s’il était le dernier. Toi, tu vivras chaque jour avec lui, jusqu’au dernier.
Et cela n’a pas de prix.