Je pourrais te dire que j’avance sans regarder derrière, que je ne compte plus les jours, que ton nom n’apparaît plus dans mes silences. Je pourrais aussi te dire que personne ne s’approche vraiment, que personne ne cherche à prendre ta place, que mon cœur est resté immobile depuis toi.
Je pourrais. Mais ce serait mentir.
Parce qu’il y a quelqu’un. Pas une histoire, pas encore, juste une présence qui se glisse là où tu n’es plus, une attention qui insiste, une façon d’être là qui ne demande rien. Et moi, je sens que je vacille.
Je reconnais ce moment précis, celui que je redoutais : quand le cœur s’allège trop vite, quand l’idée de s’abandonner devient presque confortable, presque acceptable.
Alors je t’écris. Pas pour te reprocher ton départ, mais pour te prévenir.
Je suis au bord. Encore debout, mais déjà penchée.
Si tu dois revenir, fais-le maintenant. Avant que je m’attache à une main qui n’est pas la tienne, avant que je confonde la douceur avec l’amour.
Je ne te demande pas de promesses. Juste d’être là, en bas, quelque part. Assez présent pour me retenir, ou assez absent pour que je tombe sans te chercher.
Dis-moi si je tombe, ou si je t’attends encore.
P.S. : Je n’attends pas de réponse. C’était juste une bouteille à la mer