Ici, le temps s’étire autrement. Le rythme est plus lent, les journées semblent moins pressées, et l’absence prend une forme différente. Elle est moins lourde parce que je suis loin de l’endroit où je t’imagine vivre, loin de ce qui me rappelle ta présence possible.
À distance, ton absence ne réclame plus rien. Elle ne promet rien non plus. Elle est simplement là, plus calme, presque neutre, comme si elle avait enfin cessé de me faire espérer.
Tu manques à ma vie, c’est vrai, mais je n’en ai qu’une, et je ne peux pas la passer à t’attendre ni à rester suspendue à quelque chose qui ne vient pas.
J’ai cessé de t’écrire parce qu’on ne peut pas réellement combler le manque avec des phrases, aussi justes soient-elles. Ce que je voudrais, en vérité, ce n’est pas t’envoyer des mots, c’est en recevoir.