Je n’aurais jamais cru que nous serions de ceux qui ne s’écrivent que pour la nouvelle année. Les vœux convenus, les phrases qu’on envoie comme on coche une case, m’ont toujours semblé maladroits, et avec toi complètement superflus.
Et pourtant me voilà. À chercher des mots pour franchir cette frontière étrange : celle du temps qui recommence sans vraiment repartir de zéro.
Je pourrais te souhaiter le bonheur, la santé, les réussites évidentes. Mais ce serait trop simple. Trop lisse. Alors je te souhaite autre chose.
Je te souhaite des jours qui ressemblent enfin à ce que tu espères. Des matins où l’on ne se demande plus s’il faut rester ou partir. Des silences qui ne pèsent pas. Des rires qui surprennent encore.
Je te souhaite l’amour, pas celui qu’on promet mais celui qui n’a pas besoin d’être expliqué. Celui qui ne fait pas peur quand il devient réel. Si tu le connais je te souhaite qu’il dure, si tu l’as perdu, je te souhaite de le retrouver.
Je nous souhaite, aussi, un peu de renouveau. Peut-être simplement un espace différent entre nous. Moins chargé de ce qui n’a pas eu lieu. Plus ouvert à ce qui pourrait encore exister.
Je ne sais pas si nos chemins se recroiseront, mais je nous souhaite de ne plus nous fuir. Que chacun trouve sa place, même si ce n’est pas la même.
Alors voilà. Ce ne sont pas des vœux parfaits. Ce sont les seuls que je sais formuler sans tricher.
Bonne année, là où tu es. Je ne sais pas ce que tu oses encore espérer, ni ce que tu laisses derrière toi.
Mais il m’arrive de penser à toi sans te chercher. De te souhaiter du bien sans attendre de réponse.
Et dans ces moments-là, je te vois encore comme je t’ai connu : lumineux, et invincible.