Parfois, la rencontre se fait là. Pas dans ce qui précède. Encore moins dans ce qui suivra.
Ce que nous savions l’un de l’autre n’a fait que nous conduire ici. Quelques heures partagées, des phrases échangées, juste assez pour avancer.
L’évidence ne passe pas toujours par les mots. Parfois, elle choisit le corps.
Nos voix se font basses, comme si elles acceptaient de céder la place. Elles ne racontent plus. Elles accompagnent seulement ce que la peau devine avant les pensées.
Ta main trouve la mienne. Pour la première fois. Sans hésiter, sans apprentissage. Comme si ce geste n’avait jamais eu besoin d’être répété pour être juste.
Chaque mouvement s’invente sur l’instant. Rien n’est repris. Tout commence là. Non parce que cela promet quelque chose, mais parce que cela existe pleinement.
Il ne reste que nos mains qui se trouvent et cette certitude calme : ce moment compte plus que les heures qui l’ont amené, et plus que les jours qui tenteront de lui donner un sens.
L’histoire ne se construira peut-être pas après. Mais elle se fait ici. Dans cette première fois exacte, où les corps se rencontrent mieux que ne l’auraient fait les mots.
Je ne projette rien. Tu ne retiens rien.
Tout est là.