Je saurais que la chance ne fait pas de bruit quand elle passe, et je la reconnaîtrais chaque fois que tu entres dans une pièce.
Je ne garderais rien pour plus tard : ni mes élans, ni mes tremblements.
Je partagerais ce qui me traverse, et je prendrais ce qui te fait vivre comme un cadeau qu’on ne mérite jamais vraiment.
J’aurais cette confiance qui ne s’invente pas : celle qui vient de la lucidité, pas des illusions.
Je te regarderais tel que tu es, et j’y verrais assez de beauté pour avancer sans trembler.
Si j’étais à sa place, je ne laisserais pas la peur inventer des fantômes. Je regarderais d’abord ce qui se fissure entre nous avant d’accuser le monde.
Je reconnaîtrais ce que tu offres, et je m’en servirais pour devenir meilleure, pas pour t’obliger à combler mes manques.
Je saurais que le plus dur est déjà derrière nous : le silence, l’éloignement, ces années à tourner autour d’un vide qui portait ton nom.
Si j’avais, comme elle, le droit de ne plus te partager, je serais là pour tout ce qui t’élève, pour tout ce qui t’apaise, pour tout ce qui te donne envie de rester.
Tu serais cet endroit où je respire mieux qu’ailleurs, et j’essaierais d’être, pour toi, ce point d’équilibre qu’on ne trouve qu’après s’être trop longtemps perdu.
Si j’étais à sa place, moi non plus je ne te laisserais jamais partir.
Et c’est sûrement pour cela que je n’y serai jamais.