Chronique de l’été – 8 Le message
Je l’ai écrit une nuit de fin août, la fenêtre ouverte, la ville qui ne dormait pas. En bas, des voix, des chaises qu’on traîne, quelqu’un qui rentre en riant.
Il dormait dans l’autre pièce. J’entendais son souffle par la porte restée ouverte.
J’ai écrit vite, sans chercher les mots, sans rien relire.
Que l’été avait été long et clair. Que la maison sentait la pierre et le linge sec, et que je l’avais habitée, complètement.
Que j’avais appris à me lever sans être retenue, et qu’on m’avait retenue quand même, autrement, une paume chaude sur l’épaule au petit matin.
Que ton absence ne me tenait plus compagnie, qu’elle vivait sa vie ailleurs, et moi la mienne.
Que j’avais gardé un de tes deux objets et que je ne savais plus lequel.
Que je n’avais rien à te reprocher.
J’ai laissé le téléphone allumé sur la table, la lumière de l’écran a fini par s’éteindre toute seule.
Il part à la fin de la semaine. On le sait depuis le premier soir. Il n’a rien promis, je n’ai rien demandé, et ça n’aura rien coûté à personne.
Je ne l’ai pas envoyé.
Tu n’avais jamais rien promis. Moi non plus, finalement.