Je vais bien, ne t’en fais pas
Un prénom écrit à la main sur l’enveloppe. Il reconnaît l’écriture, glisse la lettre dans sa poche. Il la lira plus tard. Elle sera déjà loin.
« Je vais bien ne t’en fais pas. Je suis partie là où le manque passera plus vite. A quoi bon se dire au revoir encore une fois ? Nous n’aurions pas mieux réussi que les autres fois. La fuite est la seule solution, je n’ai plus la force de rester. J’ai jeté ton numéro sans l’avoir jamais appris par cœur, supprimé toutes les traces visibles de toi. Il reste encore ton visage dans ma mémoire et ta voix à mon oreille, qui s’effaceront bientôt. Plus rien de toi ne s’affichera plus sur mon écran : ni ta photo, ni ton nom. Je vais déjà mieux de ne plus rien vouloir. Le corps garde plus longtemps l’empreinte de celui qui vous a étreint. J’irai oublier le tien dans les parfums d’un autre, celui vers qui je reviens quand tu t’en vas.
Je ne t’écrirai plus. Je n’arrive plus à t’aimer sans me détester, je pars avant que le dégoût ne prenne toute la place.
La liste est longue de ce qu’il n’y aura plus. Je l’ai faite, n’en doute pas. Je te promets de tout faire pour me passer de toi, promets-moi de ne pas venir troubler ma paix.
Souviens-toi du dernier matin, de mes mots, et ne me demande pas pourquoi. Mais je vais bien, ne t’en fais pas. »