Réponds à tous les pourquoi

Prenons un café, un verre, un dîner.
À Paris, à Rome ou en bas de ta rue.

Le décor n’a aucune importance. Une table, deux chaises, et entre nous cette distance de rien du tout, celle qu’il faut pour se regarder sans avoir à tendre la main.

Parlons-nous une heure ou toute une nuit, avec des mots ou avec nos mains, pour répondre à tous les pourquoi.

Pourquoi ce jour-là plutôt qu’un autre. Pourquoi cette phrase que tu n’as pas finie et que je termine encore, des mois après, dans ma tête. Pourquoi j’ai laissé le silence s’installer comme on laisse une porte entrouverte, en se disant qu’on la refermera plus tard.

Je ne viendrai pas te demander des comptes. Je ne veux pas savoir qui a eu tort, je veux savoir ce que tu as pensé, ce soir-là, quand tu m’as regardée partir.

Et si tu n’as pas les réponses, dis-le moi avec autre chose. Un haussement d’épaules, une main posée sur la table, le temps qu’il faut avant de reprendre. J’ai toujours mieux compris tes gestes que tes phrases.

Je prendrais le train, l’avion, ou la première rue à droite. Je marcherais une heure sous la pluie pour dix minutes en face de toi. Je sais déjà comment tu poserais ta veste sur le dossier, comment tu commanderais sans regarder la carte, comment tu dirais mon prénom avec cette façon qui n’appartient qu’à toi.

Alors prenons un café, un verre, un dîner.

Choisis la ville, l’heure, le prétexte.

Je saurai te reconnaître, même de dos, même après tout ce temps.

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