Fragments

  • Avignon – 07h41

    Le train de 07h41. En hiver, j’arrive avant l’aube. En été, je quitte la lumière avant qu’elle ne soit trop forte. Entre les deux, 2h40 qui m’appartiennent vraiment, avant que la vie des autres ne me rattrape. Je commande un café au bar, pas tant pour le café que pour traverser les wagons. Je guette…

  • Ces mots-là

    Tu les lis, je crois. Ou alors j’aime penser que tu les lis. Ces mots d’avant. Le matin peut-être, avant que la journée prenne toute la place. Ou le soir, ton téléphone posé sur la table de nuit, repris une fois, encore une fois. Dans quel silence tu te retrouves, à cette heure-là. Si quelqu’un…

  • Newsletter du printemps

    Chère lectrice, cher lecteur, Mai arrive doucement, comme toujours. Les jours s’allongent. On sort plus tôt, on rentre plus tard. Il y a quelque chose dans l’air de mai qui ressemble à une promesse sans destinataire précis. Ce mois-ci, j’ai beaucoup écrit sur les retours.Pas les grandes retrouvailles, non. Les petits retours involontaires : une…

  • Je te lis

    Je ne te répondrai pas. Pas maintenant. Peut-être jamais, je ne sais pas encore. Je te lis, c’est tout ce que je peux faire. Relire encore tes mots d’avant qui parlaient de nous, et ceux d’aujourd’hui où je me cherche sans toujours me trouver. J’ai quelques photos. Tu as dû changer. Tu vis encore un…

  • Endormie sur le banc

    Je me suis réveillée tôt, dans le silence de mon bout du monde. Ici, la porte de la maison reste ouverte. On n’y frappe pas par hasard. Il faut vouloir prendre ce chemin pour me trouver. Ce matin, je n’attends personne. Je sors m’allonger sur le banc en pierre. J’écoute le vent dans les arbres….

  • De gare en gare

    De train en train, toutes les gares se ressemblent. Tu n’es dans aucune. Je t’ai connu si voyageur qu’à chaque voyage je pense te croiser. Mais je ne connais plus ta vie et le hasard n’est pas en ma faveur. Avant, tu étais partout. C’était presque une certitude de te deviner quelque part, dans un…

  • La même seconde

    Être dans les bras d’un homme et penser à toi. Je me déteste pendant cette seconde, juste avant que cela ne disparaisse. J’ai presque oublié ton visage mais pas ce que je ressentais en le regardant. Mon corps n’a plus la mémoire du tien mais il sait encore qu’il suffisait de ton souffle pour l’emporter….