Fragments

  • De gare en gare

    De train en train, toutes les gares se ressemblent. Tu n’es dans aucune. Je t’ai connu si voyageur qu’à chaque voyage je pense te croiser. Mais je ne connais plus ta vie et le hasard n’est pas en ma faveur. Avant, tu étais partout. C’était presque une certitude de te deviner quelque part, dans un…

  • La même seconde

    Être dans les bras d’un homme et penser à toi. Je me déteste pendant cette seconde, juste avant que cela ne disparaisse. J’ai presque oublié ton visage mais pas ce que je ressentais en le regardant. Mon corps n’a plus la mémoire du tien mais il sait encore qu’il suffisait de ton souffle pour l’emporter….

  • L’appartement

    Je suis passée devant l’immeuble où tu ne vis plus. Je me suis assise dans le square que l’on voit depuis le balcon, là-haut, où tu posais une chaise au soleil du matin. J’ai vu une femme passer la porte du hall.Je ne l’ai pas suivie pour voir ton nom sur la boîte aux lettres….

  • Pas un seul jour

    Je ne sais pas exactement quand ça a commencé. Un geste, ou cette façon que tu as eue d’attraper la lumière sans même t’en rendre compte. Je t’ai vu avant de comprendre, et déjà quelque chose en moi s’était déplacé. Depuis, il y a cette parenthèse que nous avons créée sans en parler. Ce temps…

  • La blessure

    Au fond, c’est toujours la même blessure qui menace de se réveiller. Un écho ancien dont on croit être sortie, jusqu’à ce qu’un détail, un geste, un mot ramène ce que le temps n’a pas totalement effacé. La trahison a cette façon de se répéter à l’infini. Je revois encore ce matin-là, la pluie battant…

  • Tu ne lis pas

    C’est étrange : tous ces gens me lisent, et pas toi. Tu as été le personnage principal de mes phrases, tu hantes encore les marges, mais tu n’ouvres plus mes livres. Les femmes de ta vie parcourent peut-être ces pages sans savoir qu’elles parlent d’un passé. Tes proches t’en rapportent des bribes. Mais toi, tu…

  • Merci

    Merci pour ce que nous avons été. Merci pour ton regard. Chargé d’admiration, de connivence. Tu m’as vue plus douce que je ne me crois et je t’ai vu sûrement plus beau que tu n’es. Tu répondais à ce que je n’osais pas demander, tu m’as autorisé à tout vivre avec toi.Merci pour le vertige….